article de la "revue 1954" concernant la société STRAFOR.

Filiale de Compagnie Industrielle et Financière de Pompey à Paris, et de la Société anonyme des Forges de Strasbourg."STRAFOR-MAROC" a été créée en 1948.
Installée à Fédala, ses fabrications portent sur le mobilier métallique, les rayonnages métalliques, le mobilier Tube et articles émaillés.
La superficie de l' usine est de 40.000 m2 couverts. Cette usine occupe actuellement 500 personnes dont 400 marocains et 100 européens.
En dehors de son débouché naturel , le Maroc, elle exporte sur toute l' Union Française.

Extrait de « Un port industriel du Maroc : Mohammedia » (Jacqueline Bourquerel Cahiers d’outre-mer, Bordeaux, 1970, pp. 277-306)

Dans l'après-guerre, on vit aussi s'installer, en 1949, la société STRAFOR-MAROC, créée par les Forges de Strasbourg et les aciéries de Pompey. Il s'agissait de fabriquer des charpentes, du mobilier métallique et des articles de ménage émaillés pour lesquels le Maroc offrait des débouchés. Le choix de Mohammedia, outre la proximité d'un port, fut dicté là aussi par les facilités d'acquisition des terrains. Les débuts de l'entreprise furent brillants et, en 1950, celle-ci s'étendait sur 4 hectares, utilisant près de 800 ouvriers. Elle assurait alors la totalité des besoins du Maroc, produisant 120 tonnes par mois de mobilier métallique dont elle exportait une partie vers Dakar, Abidjan, Conakry. L'Afrique noire absorbait aussi la moitié des 100 tonnes mensuelles de produits émaillés qui sortaient de ses ateliers. Mais Strafor-Maroc, très bien équipé, et même suréquipé, produisit bientôt au-delà de ses capacités de vente. En 1956, il traversa une crise très grave, et ses effectifs tombèrent alors à 60 ouvriers qui ne fabriquèrent que des charpentes et des lits métalliques. C'est là un des exemples les plus spectaculaires de la période de crise que connut toute l'industrie fédalienne. Néanmoins, à partir de 1960, l'entreprise ayant franchi ce cap difficile reprenait toutes ses activités. A l'heure actuelle, elle est la seule émaillerie existant au Maghreb, mise à part une petite usine tunisienne. Au Maroc, elle partage avec deux sociétés casablancaises la fabrication du mobilier métallique.
Les chaînes de fabrication produisent annuellement 1.000 tonnes de mobilier métallique, 1.200 à 1.300 tonnes d'articles ménagers. La France fournit les tôles Sollac (Lorraine de laminage continu) et Usinor), les émaux (Féraud, de Saint-Dizier), les skyes et les tubes, mais les peintures proviennent de Casablanca. La consommation globale d'électricité représente annuellement 650.000 kWh. La main-d'œuvre, marocaine à 90 %, comprenait, en 1969, 400 personnes. Beaucoup d'ouvriers, recrutés dès la sortie de l'école, sont spécialisés après un temps d'apprentissage ; certains, ensuite, sont dirigés sur Casablanca pour y effectuer des stages de perfectionnement, spécialement à l'Institut National de Formation des Cadres Techniques.
Strafor-Maroc travaille surtout pour le marché national où sont vendus 80 % des mobiliers métalliques et 75 % des articles de ménage. Il exporte en Afrique noire (Côte d'Ivoire, Cameroun, Sénégal) 20 % du mobilier, pour bureau surtout. L'Algérie lui achète 25 % des ustensiles émaillés et, depuis quatre ans, les contingents négociés sont régulièrement renouvelés ; leur expédition se fait par voie ferrée. Au Maroc, la commercialisation est confiée aux propres agences de la firme dont la principale est à Casablanca.
Ainsi, comme Gourvenec et Icoma, Strafor-Maroc peut être considéré comme une entreprise d'envergure nationale dont l'aire d'activité dépasse largement la région de Mohammedia et de Casablanca.
L'usine STRAFOR à Mohammedia en 1964 avec en premier plan les villas de la cité strafor.
Strafor Maroc - Mohammedia - Maroc
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