Extrait de la revue : Le maroc du nord au sud - revue mensuelle de tourisme - année 1938

"C'est toujours un nouvel étonnement pour le touriste (et qui n'est touriste à son heure dans un Maroc en somme si peu connu ?) de constater qu'entre Casablanca et Rabat, entre ces deux grandes et belles villes, l'une consacrée aux affaires l'autre à l'administration, il y avait place pour une ville de plaisance qui est née spontanément à l'ombre de ses grandes ainées.
Nous qui avons connu Fédala au début de l'effort qui l'a créée quand de timides palmiers jalonnaient un plan apparemment bien ambitieux, nous avons peine à nous représenter la transition qui fut évidemment lente et laborieuse entre cet âge du sable et l'âge présent, âge des jardins, de l'ombre et de la verdure.
Bel exemple d'une conjonction trop rare de conceptions individuelles avec l'intérêt public. L'essor de Fédala est dû d'abord à l'initiative de la « Cie Franco-Marocaine de Fédala » qui, la première, a, eu l'idée de créer en ce point d'une côte généralement inhospitalière, un refuge et d'en faire un lieu de repos, de délassement une station de récupération des forces physiques mais surtout des forces morales, une Cure d' Ame. Idée juste, idée in­génieuse mais qui exigeait d'être soutenue et rendue efficace par une constante atten­tion et une générosité sans défaillance.
Nous sommes ici fort à l'aise pour rendre à la Cie Franco-Marocaine de Fédala l'hommage qui lui est dû, non seulement au nom des habitants de Fédala qui ont bé­néficié heureusement de la transformation de leur centre, mais au nom de tous les français du Maroc qui se sont habitués à trouver en cette charmante cité un accueil toujours réconfortant pour leur santé physique et morale.
Nous devons aux fondateurs de Fédala le plan de tant d'avenues aux nobles dimensions, de tant de parcs tracés d'une main sûre, de tant de jardins dessinés avec un goût qui, non content de braver toute critique, ravit du premier regard, le visi­teur.
Cité de jardins et de villas autour d'une plage, Fédala est aussi un port pétro­lier, un port de pêche, un centre industriel de fabrications de conserves, enfin une région agricole de premier ordre par l'essor qu'y a pris le maraîchage.
Sans presque quitter la station balnéaire on peut s'intéresser aux industries les plus variées qui fleurissent à quelques pas, mais bien chez elles cependant et sans aucun de ces contacts qui gâtent ailleurs trop souvent le paysage.
Cité ordonnée avec sagesse et goût Fédala offre encore au touriste l'attrait inattendu d'une ville indigène établie au milieu d'anciennes demeures portugaises. En­fin, ses cultures maraîchères qui s'étendent à perte de vue sur la plaine côtière témoignent de la richesse d'une région créée de toutes pièces comme la ville elle-même."
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